Loris Gréaud, Study for a Solipsism, 2018.

 

Céramiques de grès d’Irak chamotté, explosées au plastique type C-4, peinture laque noire mate. Coffrets en chêne teinté noir, miroirs noirs.

Dimension du coffret : 34,5 cm x 34,5 cm profondeur : 34 cm  - Dimension de chaque céramique : 34,5cm, largeur : 25cm, profondeur : 30 cm.

 

Study for a Solipsism est une série de 7 céramiques toutes uniques. Ces pièces ont été sculptées et formées par explosion au C-4.

 

Le C-4 est une formule obtenue à partir de RDX, d'un liant plastique, d'un plastifiant, d'un produit pétrolier et d'un marqueur chimique. Cette formule se présente sous forme de « pains », de même que la terre de grès d'Irak chamotté utilisée pour réaliser les céramiques.

 

La méthodologie mise en œuvre pour la réalisation de ces pièces est donc très particulière puisque les deux matières (la terre et le C-4) ont exactement la même consistance et le même aspect. Elles sont donc amalgamées pour donner forme à un nouveau bloc, qui est ensuite mis à feu, produisant littéralement l'explosion de la matière qui en quelque sorte « s'auto-sculpte ».

 

Le procédé utilisé permet ainsi de figer le souffle de l'explosion, qui s'imprègne et façonne la matière obtenue à partir de la terre et du C-4. L'ensemble forme des sculptures organiques, brutales, mais qui paradoxalement conservent une certaine délicatesse.

 

Afin que ces formes se solidifient, elles sont ensuite entreposées pendant plusieurs mois afin que l'humidité s'en évacue progressivement, puis font l'objet d'une double cuisson à très haute température, comme dans le cadre d'un processus classique de céramique.

L'alliance singulière de ces deux techniques issues de champs opposés permet ainsi de pétrifier ces formes chaotiques, obtenues en à peine quelques secondes.

Loris Gréaud, Study for a Solipsism, 2018.

 

Aquarelles réalisées sur papier Arche à l'héroïne, cadre en chêne noir, verre anti-reflets qualité musée.

Dimensions : 34,5 cm x 39 cm, profondeur : 10 cm - Dimension de chaque aquarelle : 21cm x 14,5 cm

 

Study for a Solipsism est une série de 7 aquarelles, toutes uniques, réalisées à l'héroïne.

 

Elles représentent des champs de pavots cultivés pour leur opium et leur latex qui est extrait afin de produire de la morphine. Par un procédé relativement complexe (l'acétylation), la morphine est alors elle-même métabolisée en un puissant psychotrope : l'héroïne. La matière obtenue est une sorte de poudre brune ou ocre, prête à être consommée par ses usagers pour ses vertus antalgiques et euphorisantes. À ce jour, l'héroïne est considérée comme étant une des drogues les plus addictives et les plus dévastatrices ; mais elle est également célèbre pour avoir accompagné certains brillants esprits et figures majeures de la littérature.

 

Study for a Solipsism, est une série de paysages naturalistes réalisés à l'aquarelle qui permet d'obtenir une très grande variété de nuances dans la déclinaison d'une même couleur, par des jeux de transparence et de réserves. Cependant, si la technique de l'aquarelle a été utilisée dans les règles de l'art, avec une solution à base de gomme arabique, c'est la poudre d'héroïne elle-même qui a été utilisée comme pigment.

 

Study for a Solipsism est donc une proposition qui vise à cristalliser en un seul geste production et représentation. En effet, ces paysages sont une représentation de la culture de l'héroïne. Or cette représentation qui relève à la fois du pastoral et du documentaire est réalisée avec la substance psychotrope effectivement produite dans le réalité.

Loris Gréaud, Spores, 2018.

 

Suspension de 5 sculptures de roches dont 1 translucide, accrochées par des câbles en acier et maintenues par des fixations en inox. Roches en résines, peinture Architecte OR NOIR mate, résine d'inclusion et mat de verre, système sonore et lumineux inclus dans la roche translucide : boitier de contrôle spécifique avec 1 port USB, 2 potentiomètres rotatifs (réglage du volume sonore et sensibilité de clignotement de l’ampoule), 3 haut-parleurs (60 W, 84,6 dB), ampoule LED à filament 240V, 2,8 W (21 W perçu), un lecteur MP3. Dimension de l’oeuvre : hauteur : 2,8m, largeur : 98,5 cm, profondeur : 65,2 cm.

 

Il s'agit d'une série de 7 sculptures uniques qui se présentent sous forme de suspensions qui diffusent le son et les fréquences émises par des étoiles « mortes ».

 

Les astrophysiciens ont pu observer, notamment grâce au télescope Kepler, que les astres sont agités par des sortes de pulsations lumineuses : leur intensité varie plus ou moins régulièrement. Ces pulsations sont en fait la manifestation de fréquences sonores émises par les étoiles. De nombreux astrophysiciens se sont dès lors intéressé à ces émissions, car elles sont une source d'informations précieuses pour la compréhension de l'univers et de ses cycles. Il s'agit de l'astérosismologie.

Spores, se concentre uniquement sur les fréquences émises par les astres qui se meurent. Paradoxalement, du fait de leur éloignement, les astres qui nous semblent lumineux, sont en fait éteints depuis longtemps. C'est en quelque sorte un archétype du fantôme, on pourrait presque parler « d'étoiles-zombies ».

 

Loris Gréaud pour dessiner cette série de sculptures, s'est inspiré des récents relevés effectués par la mission Rosetta qui concentre ses études à déterminer la nature et la composition du noyau de la comète 67 P/T Tchourioumov-Guérassimenko. Chaque suspension a été pensée de façon à produire une sorte d'amas rocheux en lévitation.

 

Les sculptures sont agitées par des soubresauts lumineux produits, via un système dédié, par la traduction des fréquences sonores diffusées. L'oeuvre recrée ainsi, comme à rebours, les pulsations lumineuses observées par les scientifiques et nous livre de façon artificielle, l'écho de ces astres qui se meurent, nous invitant à nous plonger dans une dimension qui nous dépasse mais qui pourtant, nous entoure.

 

Loris Gréaud, MACHINE, 2018.

 

Structure composée de tubes métalliques rectangulaires oxydés à section variable : 3cm, 4cm, 6cm et 15cm ; 68 Néons (diamètre 14mm), alimenté par 5 transformateurs de 230 V,  2.4 A en 50hz par des câbles gainés en caoutchouc transparent de 6 mm, tubes transparents, 15 branches en résine polyester teintée blanc, boîtier de commande du clignotement des néons, boîtier en chêne noir, machine à fumée Hazer Unique LOOK, 2.1. Dimensions : 265 x 300 x (hauteur) 340 cm.

MACHINE est une œuvre unique, conçue comme une véritable entité autonome, et qui semble-t-il a développé son propre langage fait de vibrations, de clignotements, de volutes, et de tintements séquencés. Si ce langage semble répondre à des codes linguistiques communs – il pourrait s'agir d'un code morse ou d'un système crypté – il est pourtant difficile d'en saisir le sens.

 

Une attention toute particulière a été prêtée à la nature des matériaux qui composent cette œuvre. Elle a quasiment été travaillée sous forme de « patchwork » : la disparité de chacun des élément est délibérément soulignée et à cette fin l'assemblage est volontairement visible et appréhendable au premier regard, pour laisser apparaître dans un second temps, une forme parfaitement identifiable : celle d'un arbre ou d'une arborescence.

 

De la même façon que les membres de Frankenstein sont grossièrement cousus, les branches en résines se « heurtent » au déploiement métallique de la structure. La sculpture prend alors vie, et semble, elle seule, pouvoir contrôler les séquences, les mouvements et les accélérations qui la traversent. Elle met tout en œuvre pour créer une communication potentielle... et finit par délivrer un message sans adresse, dont le code est posé comme une énigme à déchiffrer.

 
 

Loris Gréaud, Tallinn, 2018.

 

Ensemble de détritus et matériaux divers prélevés par l'artiste sur le site de la station hydraulique de Jägala à quelques km de Tallinn, qui a servi de lieu de tournage pour le film de Tarkovsky, Stalker (1979). Résine polyester, grillage, plaques OBC, bastaings.

Dimensions : Dimensions variables.

 

La « Zone » est un lieu charismatique, magnétique. Il s'agit du pan de territoire mis en quarantaine, que décrit Andreï Tarkovsky dans son chef-d'oeuvre Stalker (1979) et qu'explore ses personnages au péril de leur vie. Une chambre idéelle, au cœur de la Zone, permettrait à chacun d'exaucer son vœu le plus cher. Mais les abords sont risqués, et il est impossible de la traverser sans l'aide d'un « Stalker ».

 

En 1977, Andreï Tarkovski explore les alentours de Tallinn, et retient notamment le site de la station hydraulique de Jägala pour en faire le décor de son futur film Stalker. A l'époque, il n'a pas connaissance de la toxicité et radioactivité des lieux qu'il a retenus. Bien qu'esthétiquement parfaits, ces locations s'avèreront malheureusement mortelles : une partie de l'équipe, et Tarkovsky lui-même mourront des suites du tournage.

 

La Zone est donc un espace ambivalent qui a la capacité de naviguer entre réel et fiction. En effet, les dangers et l'imaginaire qui l'entourent (sa dangerosité), auront eu concrètement et physiquement des répercussions dans le réel.

 

Avec Tallinn, Loris Gréaud explore le statut double de ce lieu, dont les stigmates apparaissent ici et là. Considéré comme un véritable travail de peinture, ce sont les matériaux caractéristiques de la zone et prélevés sur le site de Jägala, qui sont utilisés comme pigments : la boue, le sable, la rouille, des liquides suintants, objets et autres détritus... L'ensemble est déversé dans l'espace, laissant entrevoir des fragments de paysage.

 

Loris Gréaud, The Hub, 2018.

 

Pièce sonore activée par un chanteur Maître « Khommi » dénommé Daansuren Mandakhjargal. Costume noir.

Durée approximative : 15 minutes.

 

Le chant diphonique est la capacité d'un homme à produire une chant polyphonique avec un seul organe, ses cordes vocales. Pour cela il fait appel à différents types de « voix » (de poitrine, de tête..), et à divers positionnements de la langue ou des lèvres. Cette technique de chant a été initialement utilisée dans le cadre de musiques traditionnelles, notamment tibétaines et mongoles.

 

Le chant diphonique a également la particularité d'être utilisé dans le cadre de certaines pratiques chamaniques. Dans certains rituels, le chamane est celui qui guide « l'explorateur » dans sa déambulation mentale. Le chant diphonique, permet de favoriser la concentration et l'élévation à un autre stade de conscience, tout en restant un repère important tout au long de l'expérience : la voix du Chamane est alors l'unique référence à notre réalité.

 

Dans le cadre du projet « LADIE ROGEURS », un maître de « Khöömei » intervient à différentes heures des jours d'ouverture. Il traverse ainsi l'espace, en tentant d'accorder sa voix sur les fréquences sonores des étoiles diffusées par les œuvres. Cette activation vient alors amplifier l'idée amorcée par la série de sculptures, en confrontant une dimension humaine à une échelle par essence cosmique.

 

Mais le maître de « Khöömei » agit aussi au sein de l'exposition comme un pivot entre l'espace physique et l'espace mental. Il est donc celui qui entrouvre la possibilité d'une autre dimension.

 

Performances activées le 10, 16, 17, 18, 23, 24, 25 février 2018 puis le 2, 3, 4, 9, 10, 11, 16, 17 et 18 mars 2018, successivement à 14h, 14h30, 15h, et 15h30. 

 

Loris Gréaud, Reader's Digest, 2018.

 

Communiqué de presse de l'exposition « LADIE ROGEURS », imprimé à l'encre comestible Cerf-Dellier (sans addictifs ni colorants), sur des feuilles alimentaire azymes.

Dimensions : 21 x 29,7 cm

 

 

A l'occasion de « LADIE ROGEURS », la Galerie Max Hetzler publiera un communiqué de presse, dont quelques exemplaires constituent une édition limitée numérotée et signée par l'artiste. Il s'agit d'une version comestible du communiqué de presse réalisée avec des feuilles alimentaires azyme et imprimée avec de l'encre consommable sans addictif ni colorant. Ces exemplaires singuliers seront distribués de façon aléatoire (à l'occasion d'envois et en libre-accès à l'entrée de la galerie). Les visiteurs seront dès lors invités à consommer et digérer l'information...